Tout au long des murs de la salle se succèdent en alternance le positif et le négatif des ombres.

Malgré leur apparence répétitive, la méthode mécanique d’Andy Warhol est, en fait, entièrement manuelle.

Un trait important des Ombres réside dans l’impossibilité de reproduire cette soi-disant reproduction, ce qui remet en cause l’esthétique du plagiat d’Andy Warhol et rend son projet essentiellement pictural. Cette révélation, défendue par la commissaire Donna De Salvo dans son catalogue de l’exposition rétrospective de Warhol à laTate Gallery de 2001, est fondamentale pour comprendre cette monumentale série 39 ans après sa création.

Comme le fait remarquer Donna De Salvo, chaque stratégie visuelle appliquée à ces tableaux est identique à celle qu’il avait utilisée 17 ans auparavant. Comme pour ses premiers tableaux imprimés en sérigraphie, on a cru au départ que toutes les toiles étaient pareilles ⎯ en raison de la répétition du motif de l’ombre – mais en réalité elles ne le sont pas.

Loin d’être une réplique, chaque Ombre renvoie à une forme qui révèle son espace avec précision et détermination, en dirigeant le regard de l’observateur vers la lumière, qui est le thème central delà série. En ce concentrant sur l’ombre pour concevoir la lumière sous forme d’éclats de couleur, Andy Warhol revient sur le problème fondamental de l’art, la perception.

Chaque Ombre renvoie à une forme qui révèle son espace avec précision et détermination, en dirigeant le regard de l’observateur vers la lumière, qui est le thème central de la série.

En se concentrant sur l’ombre pour concevoir la lumière sous forme d’éclats de couleur, Warhol revient sur le problème fondamental de l’art : la perception.

Comme il l’a lui-même affirmé,« Quand je regarde les choses, je vois toujours l’espace qu’elles occupent. Je veux toujours que l’espace reparaisse, qu’il fasse retour, parce que c’est un espace perdu quand quelque chose est dedans ».

Andy Warhol reconnaissait ouvertement avoir un penchant pour les « choses ennuyeuses » qui au début des années soixante l’avait poussé à employer des reproductions photographiques d’images tirées de journaux, de revues et d’archives. Accordant toute son attention à des icônes « ready-made » de la culture populaire, Warhol a établi au long de sa carrière un répertoire iconographique fait de produits de consommation, de portraits de célébrités, de personnages de la vie sociale ou de délinquants, ainsi que d’instantanés d’accidents de la circulation, de chaises électriques ou d’émeutes raciales, qu’il transposait ensuite sur la toile grâce à la technique commerciale de la sérigraphie.

Andy Warhol, et ses Ombres
En ce concentrant sur l’ombre pour concevoir la lumière sous forme d’éclats de couleur, Andy Warhol revient sur le problème fondamental de l’art, la perception.

Les affirmations contradictoires de Warhol et les volubiles déclarations d’intention qui ont jalonné son parcours sont aujourd’hui jugées purement théâtrales et inscrites dans une auto-parodie soigneusement orchestrée.

Peut-être à la stupéfaction de l’artiste lui-même, son déploiement de sujets superflus et quotidiens va devenir un puissant modèle de subversion politique pour toute une génération marquée par Hollywood et la musique pop, mais aussi par la Guerre du Vietnam et le mouvement des droits civiques.

Si l’on regarde en arrière, on verra que l’oeuvre prolifique d’AndyWarhol, qui s’est matérialisée sur une grande diversité de médiums ⎯ dessin, gravure, toiles imprimées en sérigraphie, photos Polaroïd et impressions en noir et blanc, sans compter des films en super 8 mm et 16 mm ⎯ n’a aujourd’hui pas d’équivalent quant à leur profusion.

Info
Andy Warhol: Ombres
Le Musee Guggenheim Bilbao
+39 944 359 008

Organisée par
DIA Art Fondation

Conservateur
Lucia Agirre

Dates
du 26 Fevrier au 2 Octobre 2016

Les médiateurs de salle

Pour obtenir plus d’information sur le contenu des expositions, le visiteur peut s’adresser aux médiateurs de salles, un service gratuit que le musée offre tous les jours de 11 à 14h